24 % des moins de 30 ans sont du matin. 63 % des plus de 60 ans le sont. Aucun génome n'a changé

app app 54 2026-06-08 · Hu Y et al., Nature Communications 2016

Une étude portant sur 89 283 personnes a identifié 15 régions génétiques associées au fait d'être du matin, dont sept près de gènes de l'horloge circadienne. Elle montre aussi que l'âge déplace le chronotype bien plus que n'importe quel variant.

Chez les moins de trente ans, 24,2 % se décrivent comme des personnes du matin. Chez les plus de soixante ans, 63,1 %.

Même espèce, à peu près le même pool génétique, et une réponse totalement différente. Ce qui fait de quelqu'un un lève-tôt n'est pas fixé à la conception.

Aquarelle d'une cuisine à l'aube, une personne éveillée Le chronotype se déplace au fil d'une vie. Le génome, non.

L'étude

Des chercheurs ont analysé le caractère matinal auto-déclaré chez 89 283 personnes d'ascendance européenne, en testant environ 8 millions de marqueurs génotypés ou imputés. Ils ont identifié 15 loci significatifs à l'échelle du génome, dont sept proches de gènes circadiens bien établis, parmi lesquels PER2 (Hu et al., Nature Communications, 2016).

L'analyse des voies biologiques désigne deux systèmes : la régulation circadienne, et la phototransduction — la machinerie par laquelle la rétine convertit la lumière en signal qui règle l'horloge de l'hypothalamus.

Ce second résultat est le plus intéressant. Ce qui sépare un lève-tôt d'un couche-tard tient peut-être en partie à la façon dont ses yeux annoncent l'arrivée du matin.

Ce qui accompagne le caractère matinal

Dans la même cohorte, les personnes du matin présentaient :

Personnes du matin Personnes du soir
Insomnie 12,9 % 18,3 %
Besoin de plus de 8 h de sommeil OR 0,67
Dépression OR 0,64

Le caractère matinal était aussi plus fréquent chez les femmes (48,4 %) que chez les hommes (39,7 %).

C'est ici que l'article fait quelque chose que beaucoup de reprises journalistiques omettent. Les auteurs ont testé si ces associations étaient causales, par randomisation mendélienne — et n'ont trouvé aucune preuve qu'elles le soient. Être du matin va de pair avec moins de dépression et un IMC plus bas dans ces données. Il n'en découle pas que devenir une personne du matin changerait l'un ou l'autre.

L'âge l'emporte sur le génotype

Revenons aux chiffres du début. Le chronotype se déplace énormément au cours d'une vie — d'environ un quart des moins de trente ans à près de deux tiers des plus de soixante ans préférant le matin.

Aucun variant génétique de cette étude n'approche une telle taille d'effet. Chacun des 15 loci déplace légèrement les probabilités. L'âge, l'exposition à la lumière, le travail posté, un nouveau-né à la maison, et le simple fait de vieillir pèsent bien davantage.

Quiconque vous vend une explication génétique de votre incapacité à vous lever devrait expliquer comment elle rend compte du fait que vous y arriverez probablement, un jour, sans aucune modification de votre ADN.

Ce que rapporte l'application

Sleep Zzzz applique les variants identifiés par Hu et ses collègues à votre génotype et montre où vous vous situez sur la distribution du caractère matinal issue de cette étude — la position qui aurait été la vôtre si vous aviez participé à ces travaux.

À lire comme une tendance légère, mesurée dans un échantillon vaste mais d'ascendance étroite, sur un trait qui change visiblement avec l'âge. C'est un vrai signal. Ce n'est ni une excuse ni un emploi du temps.

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